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Et bien après mon autre blog où les lecteurs ont appris à me connaître et on partagé mes bourriquetteries, voilà un Blogounet tout nouveau qui découle de ma Mémoire de Poisson Rouge.
La pilule oubliée... la machine est lancée !
Mon futur Pacsé, m'accompagnera évidemment dans cette aventure et je compte bien l'encourager à mettre son point de vue sur ce Blog car la parole n'est pas toujours donnée aux Papas lors de la Grossesse !
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Et bien après mon autre blog où les lecteurs ont appris à me connaître et on partagé mes bourriquetteries, voilà un Blogounet tout nouveau qui découle de ma Mémoire de Poisson Rouge.
La pilule oubliée... la machine est lancée !
Mon futur Pacsé, m'accompagnera évidemment dans cette aventure et je compte bien l'encourager à mettre son point de vue sur ce Blog car la parole n'est pas toujours donnée aux Papas lors de la Grossesse !
Des chutes libres, des épreuves à surmonter, une tristesse sanglotante, une déception déprimante, un sentiment de
culpabilité rougissant, une angoisse tremblante et un jeu de piste étaient au programme aujourd'hui.
Hier soir, le 11 mai, Dimanche, j'ai du arrêter l'allaitement.
Les douleurs devenaient de plus en plus vives depuis quelques jours, et ça ne présageait rien de bon. Je commençais à me demander si je serais capable de continuer de pleurer à chaque tétée, de me
tordre de douleur et de laisser ma fille galèrer une demi-heure avant d'enfin tirer du bon lait, encore longtemps. Hier, je ne pouvais même plus avoir de doute, ce n'était plus possible de
continuer.
En larmes, j'essaye le sein droit. En larmes, j'essaye le sein gauche. En larmes, je repasse au sein droit... la tête enfouie dans l'épaule de Kris, je craque. Il me dit d'essayer avec le bout de sein en silicone. Voyant en ce geste détestable mon unique porte de sortie, je le fais. Je hurle, j'ai à peine le
temps de dire à Kris que ça fait encore plus mal, que je me débarrasse comme je peux de ma sangsue tellement c'est insurmontable. Preuve bien visible une fois le Hobbit détaché : le bout en
plastique n'est pas rempli de lait mais de sang.
Je comprends que c'est fini. Je dis à kris de préparer un Biberon.
Je pleure ensuite toute la soirée. J'avais dit à kris que c'était la pire chose qui pouvait nous arriver. Il en a la preuve, je suis en miette. Incapable d'en parler. Je sais qu'il ne comprend pas.
Il ne peut pas comprendre. Même moi j'ai du mal à mettre des mots sur ce que je ressens. Je sais juste que j'ai mal au coeur.
Pour son premier Biberon, je vois que ma petite galère. Elle prend 40 ml. La tétine ne lui convient pas, ça se voit de
suite, même moi j'ai du mal à aspirer le lait avec.
Deuxième Biberon en pleine nuit, je n'ai pas le courage de le stériliser. Heureusement kris est là pour m'aider, me soutenir. Je suis en larmes, encore. Je regarde ce truc en plastok se mettre
entre nous. Je ne me sens plus mère, je ne me sens plus femme. Je ne suis plus rien. J'ai perdu ma place, mon rôle. Ma seule fierté, ma seule capacité, mon seul pouvoir vient d'être balayé sans que
j'y sois préparée.
Amalia boit 20 ml. Pas de selles.
Lundi 12 mai :
Le matin, Biberon. Je pleure encore, ce sentiment de honte, d'avoir fait quelque chose de mal, de ne pas avoir assuré, de ne pas réussir à faire le mieux pour ma fille, d'avoir cassé le lien entre
elle et moi me poursuivra toute la journée.
Objectifs de cette journée fériée : trouver un pédiatre, un médecin, et une pharmacie.
Kris a l'idée d'appeler Bagatelle, voir s'ils font le service après ponte.
On nous dit de venir, nous avons Rdv dans la salle de naissance. Je ne tilte pas de suite...
On arrive là bas en fin de matinée. Je n'ai rien avalé. Arrivée devant l'ascenseur, je comprends que la salle de naissance n'est autre que celle où j'ai accouché. Nous refaisons le même chemin,
j'ai l'impression que je vais rendre ma fille, c'est tout un mélange de symboles incompréhensibles dans ma tête. Des images, des idées, des mots, des sentiments étranges que je ne peux
m'expliquer.
On arrive dans le couloir angoissant le long duquel je me suis arrêtée très régulièrement accrochée à la rambarde pour laisser passer mes contractions, j'en ai mal au ventre. Je me sens oppressée.
Mais je gère. Comme ce fameux jour.
Puis on rentre dans la petite salle d'attente, juste à côté de là où on m'a annoncé que le travail avait commencé. J'ai chaud. On s'annonce.
Le Hobbit dort. La voiture l'a bercée. Dans cette salle justement, une femme est examinée. Il ne vaut mieux pas que je la regarde car je suis sûre de lui faire passer toute ma compassion en un clin
d'oeil... ce qui ne risque pas de la rassurer.
Au bout d'un temps interminable, et de quelques "si dans un quart d'heure ils viennent pas je me casse" faussement justifiés par l'heure du Biberon d'Amalia, on vient enfin. Je reconnaîs une
sage-femme qui m'a aidée lors de mon accouchement. Retour à la case départ.
Je lui explique donc que je n'arrive plus à allaiter, qu'il me faudrait un médoc pour arrêter la montée de lait, et je demande quelle quantité de lait doit ingurgiter mon Hobbit d'Amour : 90 ml. Je
commence à pleurer. Rien que de parler de la situation surtout dans un endroit pareil, je ne peux pas maîtriser.
La sage-femme me dit de ne pas culpabiliser. Elle a de suite compris de que je ressentais, ça fait du bien d'entendre des
phrases comme "vous avez fait votre maximum", "elle a eu le meilleur", "dix jours c'est déjà beaucoup"... phrases qui m'avaient déjà étaient prononcées par Kris qui a été un roc dans cette épreuve
et qui m'a vraiment soutenue même s'il ne comprenait pas trop la situation. Phrases qui devront je crois m'être dites régulièrement avant que je commence à les entendre vraiment.
Quand la sage-femme me demande si l'arrêt est définitif, je réponds que oui. Réponse qui transforme mon obligation
d'arrêter en choix de ne pas recommencer, d'insister. Ce qui transforme cet arrêt en lâcheté. Dernier coup de poignard. Elle me prescrit donc un médoc qui marchera peut être pour stopper la montée
de lait. Rien n'est sûr. Car normalement l'arrêt doit se faire progressivement.
Nous sortons enfin de là. Je pleure toujours, je ne peux pas m'arrêter. Kris essaye de m'encourager. Il me dit que lui et notre fille ont besoin de moi, que je sois forte et que je passe au dessus
de tout ça. J'entends à moitié. C'est encore trop tôt.
Nous allons ensuite Place des Capucins pour acheter le fameux médoc et un Biberon avec une tétine qui marche pour notre puce. J'esquisse un sourire quand j'entends un mec à la caisse à côté de moi
qui a encore son casque de mobylette sur la tête et qui dit à la dadame qu'il ne sait pas ce que c'est qu'une carte vitale.
Nous repartons à la maison, une odeur de pisse dans la gorge (ben ouais les Capu)...
Premier Vrai Biberon qui coule bien : 17h30 (70 ml)... puis 20h30 (90 ml) et 23h15 (90ml).
Notre puce se nourrit bien. Ca me rassure.
Par contre, plus possible de m'en détacher. Si je ne suis pas dans la même pièce, au bout de 10 minutes, elle hurle.
J'ai l'impression que l'allaitement était une façon de garder le lien que j'avais avec Amalia quand elle était dans mon ventre. Je me sentais maman. C'était naturel, on avait nos moments à nous.
J'avais une place, un rôle, je me sentais importante. Je me reconnaissais en tant que mère grâce au fait de la nourrir. Elle puisait son énergie en moi. Je me sentais utile.
Maintenant je tombe de haut. Je me sens inutile, je ne suis plus indispensable, je n'ai plus de rôle, je ne trouve pas ma place, je sers à rien. Je ne fais plus la différence avec une autre
personne. Je n'ai plus ce pouvoir qui me mettait au dessus de tout.
Le lien entre nous s'est cassé. D'un coup. Remplacé artificiellement et violemment.
Je sais que ça va passer, c'est l'histoire de quelques jours. J'avais juste l'impression de faire passer tous mes sentiments par l'allaitement, les regards, le peau à peau, les caresses... Je
l'innondais d'amour. Elle me le rendait bien. Avec le Biberon, je ne ressens pas du tout la même chose. je suis frustrée.
Rien ne t'empêche de lui donner le biberon en peau à peau et d'en faire un moment privilégié entre vous. Pi être maman ça se résume pas à donner le sein. Et je t'ai déjà dit aussi que le tout premier lait c'est le meilleur de tous.
Amalia continue à être sensible à ton odeur, à ta voix, à tes battements cardiaques, qui font de toi un individu unique pour elle. Tu peux peut-être "compenser" ce sentiment de perte avec le portage, l'avoir sur toi pendant quelques heures par jour, c'est bon pour elle, c'est bon pour toi, ça vous aidera à traverser ça. Et redis encore une fois que t'es inutile et je reviens te botter les fesses, SNCF de merde ou pas!
Lol !
Oui tu as raison, ça devrait pas être bien dur de trouver d'autres moments étant donné que je passe 24h/24 avec elle. Hier on a fait une bonne demi heure de portage, et là ça fait bien 3/4 d'heure
qu'elle dort sur mon ventre dans son écharpe. C'est vraiment pratique et agréable... elle est si apaisée, elle dort profondément, ça se voit qu'elle est zen. Et moi je me sens bien, elle fait
encore partie de moi.
réponse de : Armelle (site web)
le: 14/05/2008 21:47:33
Tu lui a donne la vie, c'est deja beaucoup.
Et puis etre maman c'est aussi et surtout l'amour que tu lui donnes.
Mon mari a ete eleve pas sa belle-mere, elle est plus sa maman que la mere biologique.
Je pense que Poulpy te donne deja de bon conseil.
Mais si c'est vraiment important pour toi d'allaiter, pourquoi ne pas chercher de l'aide? Il y a des sages femmes qui peuvent donner des conseils, ou la leche legue.
http://www.lllfrance.org/
En fait je crois que je ne suis plus capable de nous faire souffrir... même si je me dis que c'est que pour un moment, que ça va finir par payer, c'est trop dur et pour elle et pour moi. J'aurais
très envie d'essayer, en étant aidée, mais je ne pense plus avoir le courage suffisant.
Enfin, j'essaye de puiser ailleurs ce qu'on partageait pendant la tétée... et elle aussi. Elle ne me lâche plus depuis que je ne l'allaite plus...
réponse de : Armelle (site web)
le: 14/05/2008 21:44:42
Poulpy est toujours de bon conseil, d'ailleurs, qui a eu l'idée de l'écharpe de portage hein? T'es pas juste une paire de seins sur pattes, t'es sa maman, c'est bien plus que ça.
comme je te comprends! c'est au mot près ce que j'ai ressentis quand j'ai arreté d'allaiter ma puce au bout de............ 4 jours!:-( suite a tout un tas de mauvais conseils des puer de la maternité. et quand j'ai dit que j'y arrivais pas personne pour me dire de tenir bon, que je pouvais y arriver en persistant, que rencontrer des problèmes n'avait rien d'anormal. si on m'avait dit ca j'aurais persisté au lieu de ca on m'a dit comme toi que j'avais fait le max qu'il fallait pas culpabiliser.
je ne me suis pas sentie maman a cause de ca. ca remonte presque A 4 ans et encore aujourd'hui c'est un sujet qui me fais venir les larmes aux yeux facilement. après la naissance de mon 2eme bb j'ai mis un point d'honneur à ne pas écouter leurs conseils et a n'en faire qu'a ma tete. resultat: je l'ai allaitée 1 an sans aucun problèmes! aujourd'hui j'allaite encore mon petit dernier qui a 15 mois. on a un lien très (trop...) fusionnel.
je regrette tant en te lisant de n'avoir pas decouvert ton blog plus tot. je pense, sans pretentions, que j'aurais pu t'aider, te soutenir au moins...
en tout cas felicitation pour ce blog qui est bien ecrit, amusant souvent, poignant parfois.
Amalia continue à être sensible à ton odeur, à ta voix, à tes battements cardiaques, qui font de toi un individu unique pour elle. Tu peux peut-être "compenser" ce sentiment de perte avec le portage, l'avoir sur toi pendant quelques heures par jour, c'est bon pour elle, c'est bon pour toi, ça vous aidera à traverser ça. Et redis encore une fois que t'es inutile et je reviens te botter les fesses, SNCF de merde ou pas!
Oui tu as raison, ça devrait pas être bien dur de trouver d'autres moments étant donné que je passe 24h/24 avec elle. Hier on a fait une bonne demi heure de portage, et là ça fait bien 3/4 d'heure qu'elle dort sur mon ventre dans son écharpe. C'est vraiment pratique et agréable... elle est si apaisée, elle dort profondément, ça se voit qu'elle est zen. Et moi je me sens bien, elle fait encore partie de moi.